Je viens de publier sur mon blog ce billet, mais il serait aussi bien ici.

Je viens de lire un bilet de Jean-Sébastien Bouchard, signalé par Martin Lessard sur son twitter, sur les choses qui sont simple, compliqué, complexe, chaotique. Il y a notamment l'ébauche d'un diaporama à consulter.

Son billet me donne envie d'essayer de poser mes idées sur ce sujet.

pour lui, ce qui est simple est de l'ordre de la recette de cuisine, c'est à dire un processus séquentiel où il y a enchaînement logique des différentes phases dans un ordre prédéterminé qui ne bouge pas. Pour moi ce processus séquentiel, c'est essentiellement de l'ordre de la gestion de projets. Alors que JSB le voit plutôt dans le compliqué.

La gestion de projet est une réponse donnée à un problème technique rencontré. Elle tend à rendre simple ce qui est "compliqué", tout en essayent de ne pas être une simplification abusive. C'est pas simple !

Ce qui est compliqué, quand on se retrouve avec un problème nouveau, c'est de trouver les critères d'analyse qui vont déboucher vers le projet à réaliser. Donc on passe du compliqué au simple à partir d'un problème que l'on va résoudre via un enchaînement d'étapes codifié.

Le problème rencontré peut aussi être particulièrement important et nécessiter de définir des étapes préalables ou de le tronçonner en plusieurs sous problèmes qui seront reliés et hiérarchisés entre eux.

On est toujours dans un problème technique que l'on va transformer en autant de projets qui vont être managés, c'est à dire qu'il va y avoir une coordination mais aussi l'usage de processus hiérarchiques et/ou transversaux (et non plus uniquement séquentiel). C'est compliqué, c'est modélisé, c'est simplifié. Ce qui change par rapport à l'exemple précédent, c'est l'échelle.

Le complexe est d'une autre nature à mon sens, car il n'est plus de l'ordre de la résolution de problèmes  d'une part, et d'autre part ils n'est plus prioritairement technique car il fait intervenir un facteur d'incertitude, plus ou moins important, et très souvent humain.

Et là, on ne peut pas simplifier. C'est même peut être la principale caractéristique et le principal danger. Car la simplification tend alors à enlever tout ce qui gêne pour se retrouver vers du connu séquentialisable.

L'approche à privilégier est alors d'avoir une approche globale/locale et c'est alors avant tout une question d'interaction des différents acteurs du système. Plus les différents agents (les hommes entre eux mais aussi les hommes et les objets entre eux) sont liés, échangent, communiquent et plus le système va fonctionner. Cela implique que ces agents aient une vision globale du système pour pouvoir agir à leur niveau.

Dans un système, tout le monde manage chacun. Les processus séquentiels, hiérarchiques ou transversaux existent mais ils sont fondu dans un réseau de relation serrés. ils ne s'agit alors que de relations caractéristiques, sans plus.

Avec le complexe, nous changeons encore d'échelle pour nous retrouver à celle du système. C'est une dimension que nous ne pouvons plus maitriser individuellement, c'est sur, mais même collectivement. C'est un état d'organisation qui dépasse l'échelle humaine (en terme de coordination). Mais qui reste de l'organisation.

Les systèmes ont parfois des instants de surchauffe pendant lesquels les acteurs s'agitent frénétiquement (qui parle de la finance mondiale ici ?) mais ils tendent à revenir à un état d'apaisement et de fonctionnement acceptable.

Et le chaos alors. A mon sens c'est l'état normal des choses avant que les hommes essayent de l'organiser. J'ai dit un jour que l'ordre était un des possibles du chaos. Je le crois de plus en plus. Mais en même temps, le chaos, nous ne le voyons jamais. C'est une sorte de matière primitive sur laquelle les hommes n'ont aucune prise.

Aucune prétention dans ce billet. J'essaye juste de poser mes idées.