Miguel Membrado est une figure connue du Web 2.0, que ce soit en tant que co-fondateur de Mayetic Village ou de Netcipia ou encore de Kimind Consulting.

Il est venu au Barcamp avec 3 transparents pour lancer le débat sur l'adoption du modèle entreprise 2.0, ou plutôt le transfert du modèle 2.0 en entreprise et son adoption par les entreprises. Ce qu'il cherche, c'est un échange de vues sur les façons de faire.

Sa vision s'appuie sur un modèle très proche du modèle d'adoption des nouvelles technos du Gartner (Hype Cycle dont voici un exemple), avec la phase de désillusion, réticences qu'il faut vaincre et qui font mourir beaucoup d'expérimentations.

Ce qu'il propose, c'est que nous discutions autour de sa façon de faire, qui peut se résumer dans les points suivants :

  • le constat de départ est toujours le même : notre messagerie est de plus en plus encombrée. Nous ne pouvons pas continuer à cette cadence, parce que nous allons perdre de plus en plus de temps à dépiler notre messagerie, même en appliquant les bonnes pratiques de la méthode "GTD" (Getting Things Done), qui dit que si un mail me demande 2 minutes pour répondre, je le fais immédiatement et je classe le mail immédiatement.
  • Pour changer ça, il faut envisager de passer aux flux RSS et donc aux orientations Web 2.0. Mais le changement de culture est énorme, puisqu'on passe d'un échange de type "face to face" où j'écris à quelqu'un en particulier, qui doit se sentir concerné même si je ne le connais pas particulièrement, il est quand même destinataire de mon mail, à un échange de type "bouteille à la mer"... puisque je publie quelque chose en espérant que cela intéressera quelqu'un !

Pour avancer dans cette démarche, Miguel suggère :

  • de commencer par regarder comment ça marche avant le grand chambardement,
  • de prendre son temps (l'appropriation est longue),
  • de commencer par les équipes IS  qui, d'après lui, sont normalement mieux informées et devraient donc être plus faciles à convertir... et de gagner de l'audience par couronnes successives, d'abord les personnels IS, donc, puis Managers et réseaux, puis équipes projet, puis le reste du monde.

Je ne sais plus si j'ai réagi sur cette dernière proposition, mais là, je ne suis pas trop d'accord... Pour l'avoir constaté maintes et maintes fois depuis deux ans maintenant, c'est impressionnant comme les informaticiens peuvent être complètement hermétiques aux nouvelles technos une fois sortis du boulot... Ah si, d'ailleurs, j'ai réagi puisque j'ai cité l'exemple de tous les gens de mon service à qui j'ai demandé s'ils savaient ce que c'était qu'un flux RSS et qui m'ont répondu "un ... quoi ?"

Enfin, en ce qui concerne le creux de vague de la courbe d'adoption, j'indique qu'à mon avis, il faut savoir prendre le temps, jeter une première expérimentation et y revenir. Denis Pansu (FING) est d'accord. Cela permet de rebondir sur une notion chère aux knowledge workers :-) à savoir apprendre de ses erreurs...

Ce qui est intéressant dans cette intervention, c'est la mention d'un projet en cours sur un grand groupe international de l'ordre de 60000 salariés. Tiens, comme le mien !