L'objectif de cette session était de faire une présentation du Carrefour des Possibles et de la Cantine. Les autres thèmes de ce créneau horaire ne m'intéressant pas trop, je dirais presque que je suis arrivée dans cette salle par défaut, mais je ne l'ai pas regretté.

D'abord par le thème, puisque le carrefour des possibles est une initiative visant à mettre en relation innovateurs et utilisateurs ou donneurs d'ordres potentiels.

Mais aussi par l'assistance présente, qui a permis de dériver sur d'autres conversations, teintées d'optimisme, sur notre capacité (nous, français) à être créatifs, innovants et à rattraper notre retard vitesse grand V.

Etaient de cette conversation Xavier Aucompte, Bertrand Duperrin, Miguel Membrado plus quelques autres dont je faisais partie.

Mais revenons sur les initiatives de la FING en termes d'innovations. Denis Pansu, responsable du Carrefour des Possibles nous en présente le concept. Il s'agit de mettre en rapport innovateurs et utilisateurs ou industriels capables de promouvoir l'innovation présentée. En tant qu'association, la FING ne va pas au-devant de ce genre de démarche, en général on vient leur demander d'intervenir, pour organiser un carrefour des possibles. A partir de là, la FING met en place un mécanisme (processus ?) de sélection des innovations qui seront de la soirée. Cette sélection s'opère d'abord sur dossier, puis par une sorte d'examen blanc. En effet, chaque porteur de projet dispose, lors de la soirée du carrefour des possibles, d'un créneau de 6 mn (très précisément), pour présenter l'idée devant l'ensemble du public réuni pour l'occasion. Ensuite, tout le monde peut discuter autour d'un verre.

J'aime cette idée d'une organisation désintéressée autour d'innovations ou d'usages innovants de solution existantes et j'aime aussi cette idée que le public vient assister à des présentations dont il ne connaît ni la teneur ni même le thème, puisqu'il n'y a pas de carrefour thématique. Finalement, je me dis que je devrais essayer de voir si les collectivités territoriales qui m'entourent ne seraient pas intéressées par l'organisation d'un évènement de ce type...

Mais la conversation a aussi assez vite dérivé sur deux thèmes principaux :

  • le passage à l'entreprise 2.0, qui nécessite, pour la plupart des intervenants de cet atelier une réorganisation en projets (versus organisation hiérarchique), une appropriation de ce nouveau mode de fonctionnement par les salariés de l'entreprise, la volonté de se mettre au service de... l'autre ! Comme à chaque fois, la discussion part aussi sur la difficulté à prouver l'intérêt économique d'un fonctionnement comme ça, ce qui me ramène irrésistiblement à ce comic strip de Dilbert, qui illustre bien la difficulté dans les organisations en silos d'aujourd'hui. Un brin d'optimisme avec ce constat qu'il y a souvent ce que l'on pourrait qualifier "d'oasis 2.0", avec un manager peut-être un peu plus averti, ou altruiste ou je ne sais pas quoi, qui permet de lancer une expérience du genre de celle menée actuellement chez Dassault, que nous présente Bertrand Duperrin (expérience basée sur Blue Kiwi)
  • les capacités d'innovation des français, éternel débat sur la fuite des cerveaux (réelle ou supposée, je ne me prononce pas sur ce sujet). Entre les pessimistes, qui considèrent que notre pays n'innove plus et prend du retard et les optimistes, qui constatent que nous sommes pratiquement toujours capables de rattraper notre retard, je penche plutôt du côté des optimistes, comme Miguel Membrado, qui considère que l'une de nos grandes forces, c'est que nous sommes très créatifs. Cela m'a rappelé qu'il y a quelques années, lorsque je travaillais pour des industriels japonais, ils montraient souvent leur étonnement devant ce que l'on pourrait appeler notre civilisation de "bouts de ficelles"... en bref, notre capacité à toujours trouver une solution, fut-elle improbable !

Un autre retour sur cette session avec les notes de Xavier, ici