25 avril 2008
A propos du partage du savoir dans une entreprise
Initialement publié sur knowledgemouv.
Je viens de lire un billet sur le transfert des compétences des seniors vers les jeunes et entre collègue dans le cadre de l'entreprise.
j'en retiens quelques idées :
- il n'y a pas que le transfert vieux / jeunes à assurer mais aussi le transfert en fonction de l'évolution de la structure. J'en conclue deux choses, il faut donc articuler la veille, la prospective et le transfert des connaissances et être réactif face à l'évolution (rien de nouveau ici). Ceci étant, un être humain à une capacité de réaction limitée. Les machines et l'organisation doivent accompagner l'évolution au rythme humain et non au rythme de la machine. Et je me dis là qu'il y a probablement une raison des suicides de chez renault (raccourci facile mais expliqué ici).
- Parmi les autres transferts, l'auteur parle des transferts inter-pays dans un contexte de mondialisation mais aussi de l'évolution des métiers. En fait, le KM est à la croisée des flux. Il est l'outil de navigation des flux pour les pilotes de flux que nous sommes en passe de devenir.
- La réponse par l'outil informatique est la fausse bonne idée. Bon ça on le sait. Par contre, Martine Le Boulaire donne trois raisons pour que le KM marche à méditer :
créer de la confiance sur la pérennité des emplois, faire de l’entraide une valeur d’entreprise, mettre dans le coup les managers de proximité. Eux seuls savent évaluer ce qui est intéressant à préserver pour l’avenir de leur entité. Et repérer tous ces savoirs tacites construits sur l’expérience.
A savoir, sécurité des personnes, collaboratif pour tous et proximité des lieux de décision (renvoit à un billet en cours d'élaboration pour les anciens du dess cvir). A voir sur le même mode, sur ce troisième point, l'article de Bertrand Duperrin sur l'organisation
- L'auteur, ensuite fait une différence nette entre connaissances et compétences. Si cette différence existe, la lecture qu'elle en fait n'est pas ma grille à moi - elle met trop les connaissances sur le volet savoir/objet et attire trop l'attention sur les compétences/action. A mon sens, connaissances et compétences sont intimement liées et dialoguent entre elles.On abandonnerait la notion de pouvoir lié à la position pour se diriger vers un pouvoir contractuel qui n’est plus celui de l’entreprise vers son salarié mais celui que deux cocontractants ont l’un sur l’autre. Ce qui correspondrait à un rôle nouveau pour l’entreprise : celui d’organisateur de chaine de valeur et de mobilisateur de ressources extérieures.
- Enfin, une dernière chose que je trouve très féconde, le transfert de compétences/connaissances ne se décrète pas. Il ne s'agit pas d'une chasse gardée, comme elle dit, mais surtout c'est une question de motivation et de capacité de la part des transmettants potentiels. Il faut quelque part être un peu prof. Donc au tryptique, veille / prospective / KM, il faut ajouter un 4e volet : former. Nous avons là, une définition du knowledge worker, pilote de flux.
22 avril 2008
L'énergie des datacenters
Je ne sais pas pourquoi, mais canalblog refuse de prendre le texte ci-dessous comme commentaire. Bon, alors tant pis, me voilà partie pour un nouveau billet, sur la consommation d'énergie des datacenter, puisque c'est de ça dont il s'agit.
Résumé des épisodes précédents :
Dans nos diverses conversations sur l'hébergement "on the cloud", nous avons été amenés à parler des datacenters, ceux de Google, par exemple. J'avais mentionné en commentaire du dernier billet sur ce sujet l'existance d'un rapport américain sur les prévisions de consommation d'énergie liée aux datacenters. Mais je n'avais pas le rapport en question sous la main.
Le rapport américain, je l'ai trouvé
Voilà, grâce aux commentaires publiés sur le blog de Louis Naugès, j'ai réussi à retrouver le rapport dont je parle plus haut.
En fait, c'est Yves Caseau qui m'a permis de mettre la main dessus, parce qu'il parle d'un rapport publié début 2007 sur la consommation en électricité des datacenter.
C'est ce rapport-là : http://enterprise.amd.com/Downloads/svrpwrusecompletefinal.pdf
Pour le reste, je recopie ici (capitalisation des connaissances oblige !) le texte du commentaire que j'ai posté chez Louis Naugès :
Ce rapport a été suivi dans l'été 2007 par un rapport publié par l'agence US-EPA et que l'on peut trouver sur leur site, à l'adresse suivante : http://www.energystar.gov/index.cfm?c=prod_development.server_efficiency#epa
Ce rapport s'appuie sur les conclusions du précédent et propose une vision prospective de la dépense d'électricité des datacenter jusqu'en 2011, suivant plusieurs hypothèses, selon que l'on favorise les pratiques des "best in class" ou que l'on laisse la situation dans l'état actuel.
Je n'ai pas eu le temps de tout lire, mais cela m'a paru très intéressant. Ils y expliquent en particulier qu'il y a (ou aura) des points de congestion et qu'il va falloir envisager de développer des datacenter dans des zones moins urbanisées, si j'ai bien compris le sens du rapport.
PS pour les ceuss de 2006 : Energy Star, ça ne vous rappelle rien ? Nous avons fait de l'utilisation abusive ou frauduleuse de marque déposée... Oh là là, heureusement que nous connaissons un bon avocat !
19 avril 2008
Je n'ai pas fini ma journée
L'autre jour, le boss m'a dit "à 17h30, je n'ai pas fini ma journée."
"Bé, moi non plus ! qu'j'lui ai répondu.
Et c'est vrai. Je rentre, je m'occupe de mes enfants, je fais faire les devoirs, je prépare à manger (on est deux pour ça bien sûr), ensuite je vais les coucher, je leur racconte une histoire. Ensuite je passe sur le web où je fais de la veille ou du blogging ou le tutorat, ou...
Mon temps est bien rempli et mon utilité sociale est largement aussi importante que celle des personnes qui veille tard le soir dans leur boite !
Je n'ai rien contre les personnes qui font comme ça. Bien souvent elles n'ont pas le choix et si elles l'ont, c'est de mon point de vue respectable ! Mais je ne suis pas d'accord pour les ériger en modèle. D'autant plus que derrière ça il y a l'idée que il y a les fainéants qui travaillent 35 heures et les autres !
EN fait, je pense que cette idée d'utilité sociale est fondamentale. A mon avis, notre salaire devrait être la mesure de notre investissement et de notre engagement social. Lequel engagement social prendrait en compte le temps passé à son travail mais aussi le temps passé à élever ses gosses mais aussi le temps passé en diverses activités sociales. Il y aurait probablement des pondérations à trouver mais je trouve que ce serait plus juste.
En fait je trouve que le temps de travail est quelque chose de trop réducteur. Il y a un temps social et un temps privé, libre à chacun de gérer ses deux temps comme bon lui semble !
Ces temps centrés sur la personnes et non plus sur la tâche (l'emploi) vont dans le sens de l'individualisation et de la centralité accordé à l'individu unique que nous sommes tous.
Descente aux enfers... et damnation
Vais-je disparaître dans le vide intersidéral de la perte d'identité numérique ? Et pas seulement d'ailleurs ?
Voilà, je vous explique. Il y a quelque mois, notre société a décidé de procéder au n-ième big bang. A la suite de ça, je me retrouve dans une espèce de no man's land, entourée de 2 pelés et même pas un tondu, avec un manager soi-disant de proximité basé à 800 km
Bizarrement, depuis cet éclair fulgurant, je n'ai plus de point courrier, je n'ai pas reçu le petit livret des activités du comité d'établissement. Suis-je d'ailleurs encore sur ses listes ? rien n'est moins sûr
Mercredi dernier, alors que je m'apprêtais à faire quelques heures supplémentaires pour arriver à terminer dans les délais une livraison pour mon client préféré, je décroche mon téléphone pour prévenir à la maison qu'on ne m'attende pas. Et là, stupeur... bip - bip - bip - bip - ... la tonalité de ceux qui n'ont pas le droit de téléphoner à l'extérieur... Comment ? ai-je donc été rayée du fichier des utilisateurs de téléphone ?
Puis je me renseigne... J'aurais dû recevoir un papier à remplir pour renouveler le badge qui me permet de passer la barrière et d'accéder à mon bureau. Normalement c'est à faire tous les ans au mois d'avril... Et là... "Ah mince... on t'a oubliée..." Ah ? Là aussi on a supprimé la ligne qui me concerne dans le fichier ?
Si j'étais paranoïaque, je me dirais ceci :
- je n'ai plus de banette courrier
- je n'ai plus de téléphone interurbain
- bientôt je n'aurai plus de laisser-passer
- Que me restera-t-il ? un compte de messagerie ? Pour combien de temps encore ?
Allez, nous ne sommes pas le premier avril, et tout cela n'est qu'un mauvais rêve, l'accumulation de hasards malheureux... quoique ! je vais faire attention à ne pas disparaître dans le miroir, moi, je crois.
16 avril 2008
Quand tout va trop vite, retour à l'essentiel
Parfois, c'est comme ça... au détour d'une page ou d'un flux, on tombe sur une lecture dont on se dit que c'est évident...
Je vous propose alors un petit exercice : avez-vous fixé quelles sont vos vraies (j'ai bien dit vraies) priorités ? Que la réponse soit oui ou non, allez voir cette petite histoire, belle métaphore sur l'emploi de notre temps si précieux...
14 avril 2008
Ca bouge dans le KM... ailleurs !
Après avoir passé deux ans à tenter patiemment de construire les bases d'une collaboration au sein de certaines équipes dans mon entreprise préférée, avec quelque chance de succès, au moins jusqu'à ce stade, je peux maintenant m'intéresser à l'étape d'après : commencer, doucement, à avancer mes pions pour parler de gestion des connaissances... du KM, en quelque sorte... Sauf que je vous ai déjà dit que dans l'intranet officiel, très statique et exclusivement top-down de ma société, km se réduit à de sombres histoires de kilomètres... Pas gagné !
Du coup j'ai tendance à réorienter ma veille, plus sur les thèmes du knowledge management ou des communautés de pratiques.
Et je me rends compte qu'il se passe apparemment énormément de choses dans ce domaine dans l'hémisphère sud et en particulier en Australie. Voici quelques liens pour vous en convaincre :
- Un blog pour commencer, Knowledge futures, dont le sous-titre est "exploring km and strategic foresight"
- Ce blog m'a livré tout de suite un lien vers le wiki mis en place par une organisation gouvernementale
- Puis, de proche en proche, voici le site Anecdote, qui aime beaucoup le storytelling...
- Il y a aussi... la Knowledge Management Round Table in Victoria, etc, etc...
Tenez, à propos d'Anecdote, ils proposent un white paper qui commence comme ça :
"Alors, le Comité de Direction a décidé que votre organisation avait besoin de faire du KM et ils vous en ont chargé. Vous avez rassemblé tous les acteurs et vous avez eu un grand "kick-off meeting" (un séminaire de lancement, quoi). Des mois plus tard, vous vous apercevez que :
- la DSI est en train de concevoir une base de données (Base de connaissances), pour stocker tout le savoir qui sera capturé,
- un groupe projet a été formé pour implémenter une gestion documentaire pour résoudre le problème,
- les équipes RH travaillent sur un projet de changement de culture d'entreprise pour augmenter le partage des savoirs...
Vous réalisez que lors du séminaire, tout le monde a compris différemment ce que KM voulait dire !
Ca ne vous rappelle rien ?
06 avril 2008
Réalité augmentée
Via valeur d'usage, je viens de découvrir ce reportage issu d'une émission suisse sur les nouvelles tendances. Et il y en a des nouvelles tendances à découvrir (voir le robot qui couche par exemple).
Après le mouvement, les expressions
Vu sur le jp-blog
Pas de commentaires05 avril 2008
Où on reparle de l'hébergement 2.0
Il y a quelques semaines, nous avions construit, entre mon message qui faisait suite à celui-ci et vos commentaires une réflexion sur l'hébergement des données des entreprises au-delà du firewall (ou Proxy A La Con, comme disent certains...)
Cette réflexion poursuit son petit chemin et j'étais très contente de trouver chez Louis Naugès ce billet, qui permet d'aller un cran plus loin dans la réflexion. Résumons, si vous le voulez bien :
Aujourd'hui, avec tous les outils et services web 2.0, j'ai la possibilité de faire héberger sur le net des Go et des Go et d'accéder à des outils qui couvrent grosso-modo les besoins normaux d'une PME normalement constituée :
- suites bureautiques
- agenda, mails partagés
- espace de stockage,
- gestion de projet partagés, todo-lists,
- web meeting avec partage d'applications
- gestion de la relation client,
- que sais-je encore...
La question que je me posais il y a quelques mois avait trait à la sécurité des données hébergées ainsi et à la pérennité de ces solutions.
Louis Nauges nous livre aujourd'hui quelques arguments tout à fait pertinents sur la sécurité des informations, au travers de quelques exemples qui montrent bien que la sécurité n'est pas forcément là où on l'attend.
En considérant qu'il a raison sur les points qu'il développe, c'est-à-dire que mes données sont plus protégées lorsqu'elles sont sur le web que lorsqu'elles sont sur mon PC portable (que je peux me faire voler n'importe quand), la question suivante est donc :
Quelle confiance faut-il faire à son hébergeur lorsqu'il s'agit d'un site internet de type web 2.0 ? Quelle garantie puis-je avoir qu'un Google (américain) ou qu'un Zoho (indien) ne va pas chercher à utiliser les données que je lui confie ?
J'ai l'impression que nous sommes plus enclins à faire confiance, pour la partie hébergement, à un prestataire avec lequel nous avons des relations commerciales "classiques", c'est-à-dire que le commercial est venu nous voir, nous avons lancé un appel d'offres, il nous a fait une proposition, nous avons signé un contrat en bonne et due forme, nos juristes ont épluché ce contrat et ont obtenu des garanties.
Est-ce à dire qu'il faudrait inventer un label "Je ne touche pas à vos données, promis juré" ? Ou alors une certification sécurité particulière ?
Qu'en pensez-vous ?
Ensuite, la dernière question sera celle que je posais déjà il y a quelques mois : comment peut-on s'assurer de la pérennité de ces entreprises du web 2.0 ?
Modèle économique 1.5 ?
Irait-on vers un nouveau modèle économique ? Moi je suis toujours étonnée de voir tous ces services gratuits sur Internet. Bon, d'accord, une partie se rémunère par la pub et donc en corollaire par la notoriété qui attire la pub et les foules.
Maintenant, je serais curieuse de savoir combien il y a d'utilisateurs payants sur les sites qui proposent une version gratuite. Par exemple, ma vache préférée propose maintenant une version pro, j'avais dit que j'y souscrirais pour les soutenir, mais en fait, je n'ai pas vraiment besoin de cette version pro...
Par contre, on commence à voir poindre un modèle économique que je pense intéressant. Je l'ai rencontré plusieurs fois ces dernières semaines et je me dis que ça n'est pas idiot comme démarche, loin s'en faut. Ce modèle est celui utilisé par Alfresco (solution de GED / ECM dont la base est Open Source) et je viens de croiser à nouveau le même modèle chez DimDim
En gros, vous développez un produit en Open Source. Bon, par définition c'est gratuit. Mais ce qui est gratuit, c'est ce qu'ils appellent en général la version "Community". Vous n'avez en support que les forums utilisateur et développeur, aucun support de l'éditeur. Et les versions évoluent tout le temps... mais vraiment tout le temps, c'est d'ailleurs la force des communautés Open Source.
Pour disposer du support de l'éditeur et surtout d'une version "Enterprise", moins à la pointe mais plus stable parce qu'un processus de "correction de bugs" appelons ça comme ça a permis de rendre cette version digne d'une exploitation en entreprise, pour disposer de cette version, dis-je, il faut payer.
Je trouve ça assez malin et je m'en sers aujourd'hui :
- le produit m'intéresse, je vais le télécharger et l'installer sur mon PC ou sur un serveur de tests, pour faire une maquette.
- et puis, au moment du déploiement, je vais me poser la question : est-ce que je fais bien de déployer la version Community ? Est-ce que je ne ferais pas mieux de déployer la version Enterprise, qui me permet de faire appel au support en cas de problème et qui est réputée plus stable ?
- vraisemblablement, si mon environnement concerne plus d'une centaine de personnes, je vais payer le coût de la redevance de la version Entreprise, parce que cela va rassurer tout le monde de ne pas être lâché sans filet.
Surtout qu'en général, les prix ne sont pas prohibitifs. Si je continue avec l'exemple Alfresco, le déployer dans l'ensemble de la société me coûterait en redevance annuelle 2 à 3 fois moins cher que le leader commercial du marché, lequel leader me fera également payer un coût de licence à un prix complètement fou alors qu'il n'y a pas de coût de licence Open Source...
Voilà pourquoi je pense que le modèle où on paie le support peut avoir de l'avenir s'agissant de faire du business avec les entreprises.