31 janvier 2008
Mesures pour libérer la croissance
Comme beaucoup, je pense, je suis allée télécharger le rapport Attali, contenant les fameuses 316 mesures pour changer la France, et j'y ai jeté un oeil.
Ici, je vais faire quelques commentaires sur les décisions recommandées en matière de numérique, puisque c'est par essence le sujet qui nous occupe le plus souvent.
Cela commence à 49 et se termine en 63.
Eh bien force est de constater qu'il n'y a pas grand chose de nouveau sous le soleil. Précisons un peu, si vous le voulez bien :
Permettre l'accès au haut débit : les mesures prônées sont de permettre à l'ensemble de la population d'avoir accès à Internet à haut, voire très haut débit. C'est louable, effectivement, mais beaucoup de collectivités territoriales n'ont pas attendu ce rapport pour enclencher le déploiement des infrastructures associées. Certes, je sais que, pour une fois, je suis un cas d'exception, mais par exemple, normalement, je devrais pouvoir disposer d'un accès en fibre optique dès 2009 et pas en 2016 comme le préconise le rapport. 99,6% des habitants de mon département peuvent avoir accès au haut débit (les vaches ne sont pas comptées), j'ai la TNT depuis longtemps, les zones blanches de l'ADSL sont couvertes en Wimax ou par satellite et je suis totale dégroupée depuis un an et demi. Où est donc la nouveauté ?
L'accès de tous passe par : des PC à bas prix et un brevet TIC : pas de nouveauté ici non plus. Comme le souligne très justement Jean-Pierre Corniou, ici, le brevet numérique existe déjà. Quant au PC, les initiatives telles que le PC à 200 Euros ou le PC à 1€ par jour pour les étudiants montre que cette volonté existait déjà.
Renforcer la sécurité : apparemment, c'est le sujet en vogue, à lui seul il recouvre au moins 4 décisions. Mais là, j'ai dû louper une étape, je n'ai pas tout compris. Pourquoi faut-il une autorité indépendante pour gérer le RFID ? Bon, peut-être les professeurs de Limoges, s'ils passent ici de temps en temps, pourraient-ils nous expliquer le fin mot de cette histoire ? Quant aux structures sécurisées de type PKI, le monde libre n'a pas attendu pour nous donner les moyens de sécuriser nos interventions, comme l'une des UE du DESS dont nous sommes issus nous l'apprend.
Faire verser une cotisation aux droits d'auteurs par les fournisseurs d'accès à Internet : ah oui, tiens, pourquoi pas ? Effectivement, nous avons bien une taxe sur les CD et DVD vierges, sur les disques durs, sur les clés USB, pourquoi pas sur notre abonnement Internet ? J'entends dire que c'est une fausse bonne idée, je n'ai pas d'opinion sur cette question, j'achète encore mes CD.
Concurrence entre logiciels libres et propriétaires : là, je crois que les entreprises et les internautes s'en chargent tous seuls. A moins que la commission n'envisage d'exiger de Bill qu'il arrête de nous imposer ses produits quand on achète un PC... ce que les tribunaux européens font régulièrement à ma connaissance.
Non, pour moi, la seule vraie bonne idée ou du moins ce qui pourrait le devenir, c'est la proposition de nommer un haut commissaire du numérique. S'il s'agit de définir au plus haut niveau de l'état un schéma d'urbanisation des infrastructures numériques, comme il y a un schéma routier ou ferroviaire, avec un gestionnaire d'état des infrastructures comme peut l'être RFF pour les chemins de fer ou RTE pour l'électricité, permettant de garantir un accès à haut débit et des services associés au juste coût, avec un minimum garanti (notion de service public), une vraie concurrence dans la gestion de ces réseaux et une sorte de tarif maximum régulé, alors peut-être y a-t-il là une vraie bonne idée.
Mais je n'ai peut-être rien compris... Et vous n'êtes sûrement pas d'accord...
A vous, le débat est ouvert
30 janvier 2008
Veille collaborative sur le tutorat
Jacques Rodet et Philippe Inowlocki viennent de lancer une veille collaborative sur le tutorat en ligne. le principe en est simple et s'appuie sur del.icio.us.
Un tutoriel pour en saisir le principe ici. Le mode d'emploi est ici.
A voir pour participer si jamais il y a des tuteurs en ligne qui passent par ici YEEEEEEEEERK !
Ou alors pour voir comment mettre en place une veille collaborative facilement mais comme ici, il n'y a aucun veilleur DOUBLEYEEEEEEEEEEEEERK !
26 janvier 2008
L'expérience e-bourgogne
l'expérimentation e-bourgogne a commencée en 2001. Il s'agit alors de mettre en place, au niveau régional un bouquet de services numériques à destinations des différents acteurs régionaux (entreprises, particuliers, institutionnels...). Si je reviens sur cette expérimentation, c'est qu'un pdf vient de sortir qui me paraît être l'exemple type du rapport final demandé par Limoges pour le DESS CVIR.
On commence par inscrire le projet dans un contexte, le plan stratégique de l'administration électronique puis on délimite les besoins globaux, qui ici sont au nombre de 4 : aides et subventions aux entreprises ; orientation - formation des jeunes ; dématérialisation des marchés publics ; actes de la vie courante. Un choix est opéré dans les besoins et un projet de percé est mené : la mise en place d'une salle des marchés publics. Les 3 autres besoins sont traités sous formes de cahiers des charges. C'est là, l'objet du premier chapitre.
L'offre qui en découle s'inscrit dans une démarche globale. Cette seconde partie reprend l'ensemble des services convoqués pour répondre aux macro-besoins. Pour chaque service, deux études ont lieu : étude de faisabilité [(mise en oeuvre facilité s'il dépend d'une règlementation)(critères objectifs de mise en oeuvre) : coût d'investissements ; coûts de fonctionnement ; mise en oeuvre fonctionnelle ; mise en oeuvre technique ; facilité de déploiement ; risques particuliers ; contraintes externes.] et étude d'attractivité [(difficulté d'appréciation plus grande selon qu'il s'agit d'un service obligatoire � caractère légal ou d'un service optionnel) : capacité à capter les adhérents ; fidélisation ; adéquation avec les attentes ; adéquation avec les valeurs et les objectifs du programme e-bourgogne]
Des enquêtes de terrain ont lieu pour affiner les besoins et mobiliser les acteurs et un ajustement annuel est prévu pour coller à la demande. Un dispositif de détection des nouveaux besoins est mis en place ainsi qu'une remise à plat des besoins stratégiques. On vise à améliorer l'existant et à innover. Une veille en e-administration est également initiée. Ce deuxième chapitre correspond, à mon avis à tout ce qui concerne l'étude d'avant projet et à la mise en place du service. Tout cela dans un seul chapitre.
Le troisième chapitre, de loin, le plus important concerne l'accompagnement, pensé dès le départ. Il s'agit surtout d'une offre de formation différenciée selon les besoins. Les dispositifs, eux-même sont mis en adéquation avec les moyens.
Le quatrième chapitre traite du modèle économique choisi avec un principe fondamental, déjà évoqués dans les chapitres précédents : la mutualisation. Un schéma du modèle économique est proposé p.32 avec deux points : gratuité des services publiques et cotisation des adhèrents à la plateforme. Le financement initial est opéré par l'Etat et quand le service devient opérationnel, d'autres opérateurs sont recherchés.
Le chapitre suivant aborde la question du portage du projet, c'est à dire la structure juridique. il s'agit de la gouvernance dans un contexte complexe d'imbrications des services et des acteurs avec comme objectif la perennité de la plateforme. Plusieurs structures ont été analysées pour faire le choix d'un GIP (groupement d'intérêt public) et à terme un Partenariat Public Privé (PPP).
Un chapitre, très important à mon sens, car montrant clairement que le projet est porté par une vision (au sens Knowledge Management défendu par Eunika Mercier-Laurent). Il s'agit de l'essaimage de l'expérience vers d'autres entités, MEGALIS en Bretagne et PROCURE à l'échelle de l'Union Européenne.
Le dernier chapitre concerne l'architecture technique. On pourrait trouver cela étonnant, mais c'est finalement la chose la moins importante, à partir du moment où le reste a été défini et bien défini. Dans ce chapitre est retracé les différentes étapes de la mise en place technique du projet. Que cela arrive en dernier montre bien également où sont les enjeux : humain, économique et juridique quand le projet est lancé ; fonctionnels quand il s'agit de lancer un projet de percé. Ils montrent enfin que la technique n'est qu'un des aspects, le dernier, de la mise en marche d'un projet complexe.
Pour revenir sur ce document. Je l'ai apprécié en premier lieu car je retrouve tous les éléments que l'on attendait de nous pour la remise du troisième rapport à Limoges.
La deuxième raison est que ce rapport fait partie de la réalisation. Il n'est pas la relation d'une expérience, il fait partie de l'expérience. C'est un retour d'expérience dont l'objet vise à diffuser une méthode de travail et une bonne pratique dans le domaine de l'administration électronique.
La troisième raison, en lien avec la précédente, est que c'est un outil de communication bien ficelé. C'est fait par une administration et c'est au service des gens.
Il n'y a pas que dans l'entreprise que ça bouge.
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Tags: administration�lectronique, e-bourgogne, bourgogne,
25 janvier 2008
La pensée mots-clés
L'article précédent de Anne sur un nouveau moteur de
recherche m'a poussé à écrire ce petit billet sur la pensée mots-clés, idée qui
me trottait dans la tête depuis un certain temps.
Plus on utilise les moteurs de recherche que ce soit les
"grands" ou les "petits", en externe ou en interne, plus la
pensée mots-clés se met en place.
J'explique. Exemple anodin au possible. Mon chat a des puces et je cherche un traitement naturel. De suite je pense à chercher sur Internet, en fait je ne le pense pas, c'est intégré, je vais chercher sur Internet. Donc, avant même de m'être installée devant l'ordi, j'ai pensé aux mots-clés. Mon chat a des puces et je cherche un traitement naturel se traduit illico par chat, puis puces, et là ça se corse, la réflexion n'est plus automatique. Chat, puces, c'est acquis, mais pour traitement naturel, je vais faire des essais en direct dans les moteurs, "traitement naturel", bof, pas terrible, "traitement bio", mouais, "phytothérapie", hein, pas mal, "non toxique", pourquoi pas, je vais donc chercher et affiner pour trouver ce que je cherche.
Et ensuite, disons, quelques semaines après, je cherche un shampoing naturel, ben, mon apprentissage précédent m'aura servi, je vais utiliser directement le mot-clé qui m'avait paru le plus pertinent pour exprimer un traitement naturel. Je vais donc penser tout de suite à shampoing et à "non toxique" ( le mot-clé précédent qui avait donné de bons résultats).
Et ainsi de suite, de recherche en recherche, la pensée mots-clés se met en place et on trouve de plus en plus rapidement la réponse aux recherches.
Autre exemple, je cherche une critique négative sur un événement d'actualités ou sur un article donné ou sur un livre, ou etc … Je ne veux pas perdre de temps à lire des résultats qui vont redonner simplement l'"info ou qui vont encenser cette "info", soit parce que je n'ai pas envie, soit parce que je les ai déjà lus. Je réfléchis donc aux pensées des autres, comment ont-ils pu écrire leurs critiques, quels mots ont-ils utilisé ? Nul, contre, pas clair, pas crédible, etc …, je fais plusieurs essais. Puis je me rends compte que ce sont souvent les mêmes mots utilisés et je m'en sers à nouveau presque instinctivement et bien souvent ça marche !
Et là où je m'inquiète, lol, c'est que cette pensée en mots sans phrase me surprend de temps en temps, elle arrive sans crier gare, mon ordinateur de cerveau a intégré que je vais aller chercher sur le net et je m'entends penser chat, puces, non toxique sans avoir créer une seule phrase, dingue !
N'avez-vous pas aussi cette impression de pensées mots-clés qui s'immiscent dans votre quotidien ou bien suis-je en train de me robotiser en débiteur de mots-clés ? ;-)
22 janvier 2008
Un autre moteur... déroutant puis intéressant !
Comme beaucoup, quand je cherche quelque chose sur Internet, je commence en général mes recherches sur le moteur de recherche n°1, vous voyez qui je veux dire... Bon, c'est la solution de facilité, c'est la page de démarrage de Firefox.
Mais comme beaucoup aussi, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de mes espérances. Tout simplement parce que parfois, je cherche quelque chose qui sort de l'ordinaire...
Dans ces cas-là, il m'arrive de faire appel à Yahoo, Kartoo, Ask, Métadone, Altavista, que sais-je encore ! Ce qui ne rend en général pas beaucoup plus. Question de visualisation du résultat, comme nous le verrons un peu plus loin.
Il y a quelques jours, sur le site de Pétillant, je tombe sur cet article qui parle de KVisu, le dernier-né des créateurs de Kartoo. Bon, je me suis dit c'est un moteur de plus, ni plus ni moins...
Et puis, aujourd'hui j'ai essayé, sur une requête qui ne me donnait pas ce que je voulais, justement. La page d'accueil est minimaliste... pour ne pas dire spartiate ! Voyez plutôt :
Ce qui est intéressant arrive avec le résultat. D'abord, la fenêtre se présente en deux parties : à gauche les résultats, à droite une espèce de puzzle, ou chaque morceau a une étiquette, tous de taille différente... Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
En fait, cette partie verte est une carte cliquable. Finalement, je comprends que chaque résultat ramené par KVisu se voit attribuer des sortes de "tags", ce qui permet de les ranger dans un des morceaux du puzzle. Et c'est là que cela devient vraiment efficace, car cliquer sur les pavés agit un peu comme un filtre, en présentant en tête les résultats qui ont été spécialement tagués avec le mot de la carte. Par exemple, dans la carte ci-dessus, cliquer sur le tag "prévisionnelle" ramène alors les résultats suivants :
Là où ça devient intéressant, c'est que le résumé n'est pas le même que sur la page de notre moteur habituel, puisque nous avons maintenant un mot de plus... Prenez par exemple la première référence sur l'image ci-dessus. Le texte dit ça :
"... conseil en management et en gestion des compétences afin de vous permettre de connaître la gpec ... gestion prévisionnelle des emplois et des compétences " ...
Alors que le moteur habituel, avec les deux mots gestion compétences, sur la même référence, ne dit "que" ça :
"La société xxx conseil (consultant en conduite du changement) contient deux cabinets en conseil en management et en gestion des compétences afin de vous ..."
Eh bien, par rapport à ce que j'attendais, la différence est considérable. Les quelques mots grignotés à la fin de la citation sur le texte de la page m'ont donné envie d'aller voir, alors que j'étais passée à côté. Entre nous, j'ai bien eu raison d'aller voir, d'abord parce que ce sont des fans des mindmaps, comme moi, ensuite parce que je suis tombée sur une profession de foi d'un genre que nous adorons ici. Je ne résiste pas à l'envie de vous en donner un extrait, dans la page "les raisons du gaspillage" :
-
L'encadrement occupe son temps en réalisant des activités qui ne sont pas de son ressort. Une partie importante de ses activités sont sans valeur ajoutée et donc inutiles.
- L'encadrement intermédiaire est souvent un matelas isolant ne laissant rien passer ni vers le haut, ni vers le bas.
C'était la pensée du jour...
15 janvier 2008
Un petit film à suspense pour démarrer l'année ...
Avec mes meilleurs voeux numériques !
13 janvier 2008
Meilleurs voeux
Pour commencer l'année, voici le traditionnel message de voeux... Je vous souhaite à tous, amis lecteurs et amis contributeurs de ce blog et de tous les blogs amis, une merveilleuse année 2008, pleine de réussites, professionnelles, personnelles, sur la toile, en virtuel ou dans la vraie vie.
Mais si je me livre à cet exercice aujourd'hui alors que je suis plutôt du genre allergique aux traditions de ce type (c'est à tel point que je n'envoie aucune carte de voeux, virtuelle ou non - je n'envoie que des cartes de vacances, en provenance de nos destinations d'été), c'est parce que quelqu'un d'autre a tenté l'exercice de disséquer, pour mon plus grand bonheur, la construction de la traditionnelle lettre de voeux du président... A lire d'ugence, chez Jean-Pierre Corniou, ici
Et quant à moi, je n'ajouterai rien d'autre que ceci :

(image trouvée chez gif-animé)
12 janvier 2008
Je blogue, je veille, j’apprends… je lis et j’écris !
Bonne et joyeuse à toute. J'inaugure donc la nouvelle année par un billet que je viens également de publier sur relation, transformation, partage. A l'occasion, je vous parlerais de l'éffet inattendu de ce blog : de l'audience. Mais là n'est pas le propos. Je viens vous causer de blogging
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Je suis dans la blogosphère. Cela signifie que j'écris et que je lis des blogs. Belle lapalissade !
Ecrire un blog
J'ai déjà eu l'occasion d'indiquer en reprenant et en commentant un billet de François Guité. l'intérêt de tenir un blog dans le cadre scolaire. Je reprends ici l'argumentation que l'on peut étendre à tous types de projet blog :
- c'est une publication soumise au jugement des pairs ce qui suppose d'y mettre plus de soin que dans l'exercice habituel des devoirs à la maison, exercice d'apprentissage et de reformulation solitaire dans lequel, l'apprenant, ne s'adresse qu'à lui-même. il n'est donc pas soumis à l'exigence de bonne communication et laissera beaucoup de choses dans l'implicite et le brouillon.
- deuxième point, en s'adressant à autrui, l'élève s'adresse aussi à lui même. Il fait ainsi un retour sur son apprentissage et ce retour fait lui-même partie de l'apprentissage : la metacognition. Il ne s'agit donc pas d'un simple exercice de communication vers autrui mais d'un approfondissement de l'apprentissage.
- enfin, dernier point, qui pour l'auteur probablement est le principal, le savoir a une "dimension sociale" on apprend dans un environnement donné, et ce qu'on apprend est un savoir construit en réseau.
Je voudrais revenir ici sur l'aspect lecture d'un blog/veille et le rapport qu'il y a à l'apprentissage.
Je t'ai lu, je ne t'aime plus
A rennes, j'avais suivi d'un oeil distrait une conférence sur la veille et j'avais vu l'un des intervenants biffer d'un click distrait l'un de ses flux qui avait l'heur de ne plus lui plaire.
Cet acte m'avait interpellé, les flux aussi étaient donc jetables. Depuis, je me suis rendu compte également que certains blogs que je suivais régulièrement avec enthousiasme naguère, perdait aujourd'hui, pour moi, de leur intérêt. Et je me demande pourquoi ?
Je me souviens d'un podcast de Thierry Soussin lu dernièrement sur la microformation et que j'ai commenté sur ma base de connaissances. des formations courtes, étalées dans le temps, régulières, périodique. Et finalement, cela me rappelle la lecture du journal. Lire quotidiennement mon canard local me permet d'apprendre sur mon environnement immédiat. Et cette connaissance s'acquiert avec le temps, ou du moins avec la périodicité de lecture. Je ne lis pas tout dans mon canard. Je le parcours, je m'arrête parfois sur un titre qui m'a attiré. J'apprend au fil de l'eau.
Ce mode de formation s'oppose à la lecture d'un livre. J'ai besoin d'un temps long sur la journée (au moins une heure), intense, resséré sur la semaine, et qui s'arrête à la lecture du livre. Le livre, j'ai été le chercher à la librairie avec une intension de lecture (en règle générale mais la sérendipité peut aussi s'appliquer ici). Finalement, lecture du journal et lecture du livre se réincarne assez facilement dans le mode pull / push. A un investissement en temps lourd et ponctuel s'oppose un temps diffus et infusif.
Mais ce faisant, qu'est-ce que j'apprends à la lecture des blogs qui me plaisent et pourquoi certains ne me plaisent plus.
Simplement, je crois, et l'analogie avec le journal peut se filer sans problème, c'est qu'un journal, comme un blog ne véhicule pas simplement de la connaissance pure, mais aussi un point de vue sur le monde. Lire un blog régulièrement, c'est aussi accepter que son auteur essaie de me convaincre et débatte avec moi si j'ai déjà une conscience aigüe de ses intensions, en un mot qu'il me change. Ce qui est important, bien plus que la connaissance diffusée, c'est son regard.
J'ai suivi avec intérêt des blogs pour la connaissance qu'il m'apportait mais aussi pour le point de vue. Et certains points de vue ont commencé à m'ennuyer quand ils sont entrés en conflits avec ma propre identité, c'est à dire ma culture la plus profonde, le coeur de mon disque dur.
Flux et reflux
Je ne lis pas qu'un seul blog heureusement. J'ai biffé certains flux, ou plutôt, je les ai destitué, mais j'en promeut aussi d'autres. Dans mon onglet "lecture quotidienne", de netvibes, certains flux ont donc rejoint la catégorie reine de mon agrégateur alors que les bannis rejoignaient les onglets inférieurs, thématiques. Pourquoi promouvoir ceux là ?
Souvent, j'ai ces flux depuis très longtemps. J'y passe de temps à autre, je lis parfois un article mais je ne m'y attarde jamais (plus de 800 flux quand même). Mais je sais qu'ils sont là et un jour, à la lumière de deux ou trois billets lu d'afillée, je crois le moment venu de me familiariser plus en détail avec la pensée de cette personne.
Je crois fondamentalement qu'une fois qu'un blogeur a fini de m'apporter ce que je recherchais, je le remplace par un autre dont je sais qu'il va pouvoir m'apporter quelque chose de différent qui me manque.
J'ai donc à ma disposition un réservoire de blog (réservoire blog) dont certain sont en lecture quotidienne, et d'autres en attente. Chaque blog lu m'apporte un peu chaque jour.
Lazy, lazy, lazy... (merci à Noir Désirs)
Ce qui va changer, par rapport à la lecture d'un
journal est que mon apprentissage va être à la croisée des différents
blogs que je lis avec pas mal de redondance et parfois quelques
pépites.
Sur cette redondance, Olivier dit justement à propos de ce qu'il appelle, avec un peu d'énervement, la lazysphère
"cette Lazysphère ne serait alors que la part correspondante à nos
différentes mémoires de travail ou mémoires de tâche (une sorte
d'équivalent de la RAM de nos ordinateurs), c'est à dire ce lot
coutumier d'informations que nous mobilisons et dont nous gardons trace
de manière relativement systématique, afin d'en incarner certaines
seulement dans de futures activités ou tâches davantages
"construites"."
Et cela me rappelle le phénomène de réminiscence des moines du moyen âge. Ils n'avaient (pour la plupart) jamais lu la bible mais entendu lors des différentes cérémonies. Et la redite quotidienne d'extraits bibliques avaient formatés leur mode de pensée. Ils ne s'exprimaient qu'avec des versets. Pour ce que je connais, chaque lettre de Saint Bernard de Clairvaux a au moins trois ou quatre citations bibliques.
Les blogs transmettent donc une vulgate. Ce n'est plus vraiment du Savoir, tellement le niveau de didactisation est bas et dilué mais cela reste une bonne introduction à la culture d'un savoir particulier. Est-ce à dire que c'est le café du commerce ? Je ne sais pas ! Francisque nous renseignerait peut être !
Pour conclure
Si je reviens sur une année et demi de participation blogosphérique, j'ai l'impression d'avoir énormément appris et d'avoir pénétré un univers qui me paraissait abscons. J'ai suivi une formation lourde (dess) qui m'a mis le pied à l'étrier, la veille a consolidé et fortement enrichi le savoir de départ, le blogging m'a permis de le fixer.
On en reste finalement toujours au couple classique lecture / écriture. Rien n'a changé, cela reste dans la maîtrise de ce couple que s'acquiert la culture.
Effectivement,, les flux sont jetables, mais je n'ai pas le courrage de vraiment les détruire. Ils ne m'apportent plus vraiment grand chose mais je les garde comme d'une vieille maitresse...
je n'ai pas eu le courrage de les biffer !


