l'expérimentation e-bourgogne a commencée en 2001. Il s'agit alors de mettre en place, au niveau régional un bouquet de services numériques à destinations des différents acteurs régionaux (entreprises, particuliers, institutionnels...). Si je reviens sur cette expérimentation, c'est qu'un pdf vient de sortir qui me paraît être l'exemple type du rapport final demandé par Limoges pour le DESS CVIR.

On commence par inscrire le projet dans un contexte, le plan stratégique de l'administration électronique puis on délimite les besoins globaux, qui ici sont au nombre de 4 : aides et subventions aux entreprises ; orientation - formation des jeunes ; dématérialisation des marchés publics ; actes de la vie courante. Un choix est opéré dans les besoins et un projet de percé est mené : la mise en place d'une salle des marchés publics. Les 3 autres besoins sont traités sous formes de cahiers des charges. C'est là, l'objet du premier chapitre.

L'offre qui en découle s'inscrit dans une démarche globale. Cette seconde partie reprend l'ensemble des services convoqués pour répondre aux macro-besoins. Pour chaque service, deux études ont lieu : étude de faisabilité [(mise en oeuvre facilité s'il dépend d'une règlementation)(critères objectifs de mise en oeuvre) : coût d'investissements ; coûts de fonctionnement ; mise en oeuvre fonctionnelle ; mise en oeuvre technique ; facilité de déploiement ; risques particuliers ; contraintes externes.] et étude d'attractivité [(difficulté d'appréciation plus grande selon qu'il s'agit d'un service obligatoire � caractère légal ou d'un service optionnel) : capacité à capter les adhérents ; fidélisation ; adéquation avec les attentes ; adéquation avec les valeurs et les objectifs du programme e-bourgogne] Des enquêtes de terrain ont lieu pour affiner les besoins et mobiliser les acteurs et un ajustement annuel est prévu pour coller à la demande. Un dispositif de détection des nouveaux besoins est mis en place ainsi qu'une remise à plat des besoins stratégiques. On vise à améliorer l'existant et à innover. Une veille en e-administration est également initiée. Ce deuxième chapitre correspond, à mon avis à tout ce qui concerne l'étude d'avant projet et à la mise en place du service. Tout cela dans un seul chapitre.

Le troisième chapitre, de loin, le plus important concerne l'accompagnement, pensé dès le départ. Il s'agit surtout d'une offre de formation différenciée selon les besoins. Les dispositifs, eux-même sont mis en adéquation avec les moyens. Le quatrième chapitre traite du modèle économique choisi avec un principe fondamental, déjà évoqués dans les chapitres précédents : la mutualisation. Un schéma du modèle économique est proposé p.32 avec deux points : gratuité des services publiques et cotisation des adhèrents à la plateforme. Le financement initial est opéré par l'Etat et quand le service devient opérationnel, d'autres opérateurs sont recherchés.

Le chapitre suivant aborde la question du portage du projet, c'est à dire la structure juridique. il s'agit de la gouvernance dans un contexte complexe d'imbrications des services et des acteurs avec comme objectif la perennité de la plateforme. Plusieurs structures ont été analysées pour faire le choix d'un GIP (groupement d'intérêt public) et à terme un Partenariat Public Privé (PPP).

Un chapitre, très important à mon sens, car montrant clairement que le projet est porté par une vision (au sens Knowledge Management défendu par Eunika Mercier-Laurent). Il s'agit de l'essaimage de l'expérience vers d'autres entités, MEGALIS en Bretagne et PROCURE à l'échelle de l'Union Européenne.

Le dernier chapitre concerne l'architecture technique. On pourrait trouver cela étonnant, mais c'est finalement la chose la moins importante, à partir du moment où le reste a été défini et bien défini. Dans ce chapitre est retracé les différentes étapes de la mise en place technique du projet. Que cela arrive en dernier montre bien également où sont les enjeux : humain, économique et juridique quand le projet est lancé ; fonctionnels quand il s'agit de lancer un projet de percé. Ils montrent enfin que la technique n'est qu'un des aspects, le dernier, de la mise en marche d'un projet complexe.

Pour revenir sur ce document. Je l'ai apprécié en premier lieu car je retrouve tous les éléments que l'on attendait de nous pour la remise du troisième rapport à Limoges.

La deuxième raison est que ce rapport fait partie de la réalisation. Il n'est pas la relation d'une expérience, il fait partie de l'expérience. C'est un retour d'expérience dont l'objet vise à diffuser une méthode de travail et une bonne pratique dans le domaine de l'administration électronique.

La troisième raison, en lien avec la précédente, est que c'est un outil de communication bien ficelé. C'est fait par une administration et c'est au service des gens. Il n'y a pas que dans l'entreprise que ça bouge.

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