Ceci fait suite à la lecture d'un billet de Bertrand Dupperrin, paru ici. Le thème, qui revient souvent dans les discussions autour du web 2.0 en particulier et des technos web en général, c'est le retour sur investissement. Mais le billet de Bertrand m'a fait repenser à des travaux sur ce thème que nous avions conduit, il y a une dizaine d'années, avec un directeur financier - professeur d'économie. Son idée était de développer un petit outil qui nous permettrait d'aider nos clients à faire un calcul complet et raisonné du ROI de tel ou tel investissement, qu'il soit informatique ou non, d'ailleurs.

Pour lui, il y avait deux types d'investissements pour lesquels il était intéressant de calculer le retour attendu :

  • les investissements de capacité (je construis une nouvelle unité de production)
  • les investissements de productivité (je vais faire plus avec les mêmes moyens, ou je vais produire moins cher, ou je vais gagner sur les matières premières, ou ...)

Il mettait dans la balance les coûts complets, en + comme en moins. Et m'avait dit qu'un calcul de ROI qui prend en compte le fait qu'on va gagner l'équivalent de 3 personnes pour faire tourner la machine alors qu'on sait très bien qu'on ne va licencier personne n'est pas un bon calcul.

Pour présenter les résultats, il proposait plusieurs vues différentes, avec des calculs différents :

  • Le calcul de la Valeur Actualisée Nette, en gros la valeur de l'investissement à terme, en tenant compte de l'actualisation monétaire
  • Le calcul du Pay-back, qui est celui que nous avons le plus de facilité à appréhender puisqu'il définit au bout de combien de temps nous sommes "rentrés dans nos frais"
  • Le calcul de l'Indice de Profitabilité, qui est le rapport entre le cash-flow actualisé, à terme, et le montant initial de l'inestissement
  • Le calcul du Taux de Rentabilié Interne, en gros le taux d'intérêt auquel nous aurions placé notre argent s'il s'était agi d'un placement financier
  • Le calcul de la rentabilité des capitaux engagés, calcul effectué à terme
  • Le calcul de la création de valeur, en gros l'équivalent des intérêts perçus s'il s'agissait d'un placement financier.

Voici un exemple de ce que ça pouvait donner :

Restit_roi_p1

Jusqu'ici, rien de nouveau sous le soleil et tout ceci est très financier. Mais sa démarche tenait compte aussi de certains facteurs qui ne sont pas forcément quantifiables. Par exemple, un facteur de qualité ou des situations où la réglementation impose le changement.

Et il disait qu'il fallait toujours comparer plusieurs scénarios, qu'il appelait pessimistes, optimistes, raisonnalbes ou autres qualificatifs, et qu'il y en a au moins un qui est facile à décrire, c'est celui où on ne fait RIEN : combien ça va me coûter si je ne fais RIEN.

Certes, cette démarche reste économique, mais elle a au moins le mérite de ne pas s'arrêter à une seule vision du ROI, ce qui est très réducteur, et de permettre ensuite à un décideur de prendre des risques en toute connaissance de cause.

Tout en sachant que de très belles réussites sont parties d'une idée dont on disait que ça ne marcherait jamais, parce qu'il arrive aussi que l'idée crée le marché.