Voici le deuxième article de ma série sur "Le Prix de la confiance" de Martin Roulleaux Dugage, consacré au chapitre 2, Economie des réseaux sociaux

Bon, alors là, nous abordons un point plus sérieux, puisque l'auteur nous propose, dans ce chapitre, un peu de théorie sur les systèmes complexes et la vie des réseaux. C'est un peu compliqué à comprendre (ou complexe ? allez savoir) mais voici ce que j'en ai retenu.

D'abord, les théoriciens s'accordent à dire qu'un système complexe s'auto-organise en une structure ordonnée quelque part entre ordre et chaos. Transposé au monde de l'entreprise, cela signifie qu'il faut admettre que le management ne maîtrise pas tout, que si le travail est une condition nécessaire, tenir compte de facteurs externes est tout aussi indispensable. C'est intéressant, parce que l'analyse que l'auteur fait de cette théorie est qu'il faut passer d'un mode où je t'explique ce que tu dois faire à un mode où tu comprends ce que tu fais...
J'aime bien cette démarche, car si nos dirigeants l'appliquaient plus souvent, cela éviterait d'entendre si souvent dire "c'est du n'importe quoi..."

L'autre volet de ce chapitre concerne les réseaux sociaux. Tous autant que nous sommes, nous appartenons à un certain nombre de communautés (famille, école, ville, etc.) et ce sont apparemment ces communautés qui nous permettent d'interagir avec le monde dans lequel nous vivons. Bon, tout ça c'est très bien, mais à quoi ça sert ?
Eh bien l'auteur nous incite à nous pencher sur le fonctionnement des armées... Zut alors... nous revoilà obligés de nous souvenir de cette maxime apprise pendant nos cours de latin "Si vis pacem, para bellum" ! Ce qu'il faut retenir, c'est que les armées modernes d'aujourd'hui font la part de plus en plus belle à l'esprit d'initiative des cadres opérationnels, qui doivent être capables d'agir sur la base des informations dont ils disposent, sans attendre d'ordres supérieurs. Avec ce corollaire qui peut paraître étonnant et paradoxal : "la chaîne de commandement ne transmet plus des ordres, mais des contrordres" !!

Bon, tout ça c'est très bien, mais quid dans mon entreprise chérie ? Eh bien voilà le rapport : le dirigeant qui a compris ce mode de fonctionnement et qui sait l'appliquer est capable non seulement de jouer sur le registre traditionnel du contrôle hiérarchique et de l'allocation des ressources, mais aussi d'accorder une importance fondamentale à la maîtrise des flux d'information, non pas dans une logique de rétention (Knowledge is Power), mais dans une logique d'orientation vers ceux qui en ont besoin, et ce indépendamment de leur position dans l'organisation (Knowledge Shared is Power Squared)


Voilà, en fait, c'est lumineux :

  1. D'abord, pour produire efficacement dans le monde d'aujourd'hui, il faut comprendre ce que l'on fait, quel que soit son rôle et sa fonction dans l'organisation
  2. Ensuite, la rétention d'information, c'est ou plutôt ce devrait être has been
  3. Enfin, quelle que soit ma position, je devrais être au courant de ce que j'ai besoin de savoir et pour cela, rien de tel que des communautés où s'exerce un vrai partage des savoirs et des informations

Plus ça va et plus je pense que je vais demander à l'auteur s'il accepte aussi de coacher des newbies :-)

Parce que décidément, cette philosophie me plaît. J'aime bien ce mode de raisonnement qui veut qu'il ne suffit pas de donner des ordres, sans doute parce que je suis incapable de bien travailler si je ne comprends pas ce qu'on me demande. Alors effectivement, j'essaie d'en faire autant et de faire en sorte que les gens à qui je demande un travail comprenne à quoi cela va servir, pourquoi je leur demande.

Comme je n'ai aucun pouvoir hiérarchique, je n'ai d'ailleurs pas d'autre solution, je ne peux que suggérer et ne peux rien imposer. Mais ça marche plutôt bien, alors...

Et vous, qu'en pensez-vous ?